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Jérôme Descamps (Selectirente) : « il n’y a plus lieu aujourd’hui d’opposer commerce de proximité et e-commerce »

InterviewsCommerces

le 07 Déc 2021

Spécialisée dans l’immobilier de murs de commerces de proximité, la foncière Selectirente franchira cette année le cap des 500 actifs  sous gestion. Le point sur son patrimoine en développement, les nouveaux sujets et une analyse du marché à l’heure de la pandémie : c’est ce que propose Jérôme Descamps, président de Selectirente, dans cette interview ci-après.

Pourriez-vous, en quelques mots, nous présenter Selectirente ?

Créée en 1997 à l’initiative de Sofidy et de professionnels de l’immobilier, Selectirente a été introduite en Bourse en octobre 2006 et a adopté le statut Siic le 1er janvier 2007. Selectirente se positionne comme une des rares foncières spécialisées dans l’immobilier de murs de commerces de proximité.  Dotée d’un portefeuille immobilier de plus de 460 millions d’euros situé à plus de 60 % dans Paris intra-muros, la société a pour volonté stratégique le développement et la valorisation de son patrimoine commercial de centre-ville dans les métropoles françaises et européennes les plus dynamiques.

Quel patrimoine détenu par la foncière ?

Selectirente est dotée d’un patrimoine immobilier de plus de 460 millions d’euros constitué principalement de surfaces de taille petite à moyenne (150 m2, en moyenne). En terme de répartition géographique, les boutiques de pieds d’immeubles détenues par la société se situent pour l’essentiel à Paris (59,4 %) et en région parisienne (11,5 %), le solde se répartissant entre des métropoles régionales dynamiques (28 %) et une présence encore marginale en Belgique (1,1 %).
Par ailleurs, nous ciblons en priorité les commerces situés en centre-ville, sur des artères passantes présentant une forte commercialité et disposant d’un fort potentiel en matière d’attractivité touristique et économique. Enfin, nous veillons à mutualiser le risque locatif à travers une forte diversification de nos locataires, qui vont du commerce de bouche aux services de proximité (agences bancaires, courtiers en assurance…) en passant par les équipements de la personne (prêt-à-porter, horloger, bijoutier…).

Quelle politique d’acquisition ?

Selectirente fonde sa politique d’investissements sur des critères stricts. Outre une situation favorable des emplacements dans des rues commerçantes en centre-ville et la diversification des implantations, nous recherchons des locaux déjà loués, si possible à des loyers inférieurs aux valeurs locatives du marché. Devant les grandes mutations du commerce, nous avons aussi su faire évoluer notre modèle afin de tendre vers une stratégie de croissance duale. Le premier axe reste principalement centré sur le commerce de centre-ville de métropoles, notre savoir-faire historique.
Plus opportuniste, mais lui aussi créateur de valeur, le second est centré sur une tendance lourde, la métropolisation, et se traduit notamment par un renforcement dans les bureaux. Il s’appuie sur la densification croissante des grandes métropoles et sur l’attractivité de certaines villes qui sont centrales dans leur région et/ou particulièrement prisées des touristes.

Quid des locataires (défaillances) et des valeurs locatives ?

La pandémie a porté un coup sévère à un certain nombre de locataires dont les performances n’étaient déjà pas exceptionnelles avant la crise sanitaire. Le contexte nous a amené à faire preuve de souplesse, mais nous avons fait du cas par cas, en fonction de la situation financière de chacun.
Lors du premier confinement, nous avons, par exemple, accordé aux locataires TPE et PME confrontés à des fermetures administratives provisoires une mensualisation de leurs loyers et charges, mais aussi un report automatique de leur paiement pendant la première période de fermeture administrative, ainsi que l’étalement sur les six mois suivant la fin de cette période.
Plus tard, lors du deuxième confinement, Selectitrente a accordé aux locataires de moins de 5 000 salariés concernés par les mesures de fermeture administrative provisoire et ne présentant plus d’autres impayés, un abandon des loyers au titre du mois de novembre.
Pour autant, la société a très bien résisté à la crise, comme en témoigne le taux de recouvrement de nos loyers facturés sur les trois premiers trimestres 2021, qui s’élevait à 91 % à la date du 27 octobre 2021, soit 4 points de plus qu’à la même période l’année dernière.

La pandémie a-t-elle modifié vos choix d’investissement et si oui de quelle manière ?

La pandémie nous a plutôt conforté dans nos choix – nous avons acheté une centaine de boutiques lors de la crise sanitaire et franchirons le cap des 500 actifs immobiliers sous gestion à la fin de l’année –, dans la mesure où elle a révélé un attachement fort des consommateurs au commerce de proximité. A titre d’exemple, le commerce de proximité alimentaire a généré 11 milliard d’euros  de revenus l’an passé, soit 1 milliard d’euros de plus qu’en 2019.
En outre, selon une étude Sendinblue parue au printemps dernier, 45 % des consommateurs achètent davantage dans les petits commerces depuis le premier confinement et 58 % déclarent vouloir persister pour soutenir une économie locale. Disons que la crise sanitaire a eu un effet d’accélération sur ce renouveau déjà perceptible avant l’arrivée du virus et les confinements successifs qui en ont découlé.

Quel avenir pour le commerce de proximité à l’heure du « tout en ligne » ?

Il n’y a plus lieu aujourd’hui d’opposer commerce de proximité et e-commerce. Les commerces de proximité sont, en effet, de plus en plus nombreux à s’adapter aux nouvelles tendances de consommation, comme en témoigne le fort développement du « click & collect » et des phygital commerces, ce qui leur permet de toucher une clientèle plus large.
Les points de vente physique doivent aujourd’hui s’ouvrir au digital mais, à l’inverse, le digital se doit aussi de trouver un moyen de proposer une expérience plus physique. Le commerce de proximité est amené à s’adapter à l’évolution des habitudes de consommation et à composer avec l’e-commerce, mais il peut, pour ce faire, compter sur le soutien actif des consommateurs, y compris les plus jeunes.

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

Présidentielle : le choix s’impose

Les journalistes, ceux d’ « Immoweek » bien sûr et tous les autres médias, ont accompli, avec conscience,  durant cette campagne présidentielle, leur mission d’information : présenter les projets, les comparer et, pour ce qui nous concerne, insister sur les propositions en matière de logement et d’immobilier. Ce travail effectué, reste désormais aux citoyens à s’exprimer.

Le rôle d’ « Immoweek » n’est nullement de s’engager, ni de prendre parti dans les choix qui appartiennent à chacun. Le citoyen que je suis (et qui s’exprime ici en son nom personnel) croit, cependant, devoir affirmer, et réaffirmer son attachement aux valeurs de la République et de la démocratie. Même si on peut reprocher au Président sortant (notamment en matière de logement) bien des insuffisances, voire des erreurs, c’est aujourd’hui le sort de la France en tant que nation démocratique qui se joue. Jamais l’extrême droite n’a pu, sauf après de terribles défaites militaires (en 1870 et en 1940), s’imposer : sa victoire serait un drame pour tous ceux qui croient, au-delà de leurs différences, voire de leurs oppositions, à la fière et exigeante devise de la République. Dimanche prochain, le choix s’impose et il s’appelle Emmanuel Macron.

Portrait

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