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Champs-Elysées : objectif réenchantement !

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le 11 Mai 2022

@PCA-STREAM

Initié en 2018 par le Comité Champs-Elysées (association à but non lucratif créée en 1916), alors présidé par Jean-Noël Reinhardt, le projet de transformation de l’une des plus fameuses avenues du monde, explicitement intitulé « Réenchanter les Champs-Elysées », est officiellement entré dans sa phase active le mercredi 11 mai 2022. Anne Hidalgo, Maire de Paris, Marc-Antoine Jamet, président du Comité et Philippe Chiambaretta, architecte à la tête de l’agence PCA-Stream et auteur d’une mission de réflexion sur le futur visage arboré par l’avenue, ont profité de cette date symbolique pour livrer quelques clés du projet.

L’avenue des Champs-Elysées serait devenue, à son corps défendant, un objet paradoxal : adulée, magnifiée, voire fantasmée dans le monde entier, mais délaissée et dédaignée par les Parisiens eux-mêmes. Il n’y a qu’à voir les touristes, européens, asiatiques ou américains, flâner, par grappes entières ou isolés, sur les larges trottoirs ou le long des jardins bordant l’avenue basse, celle qui aboutit à la place de la Concorde et aux Jardins des Tuileries attenants. En revanche, bien rares sont les familles du cru à choisir cette artère comme point de chute pour leurs balades dominicales et ce, malgré les 25 hectares de jardins aménagés. La comparaison est peu flatteuse, voire quasi-humiliante, avec d’autres coins bien plus plébiscités, comme le parc Monceau ou même ce fameux Jardin des Tuileries, situé à seulement quelques mètres…

Les Champs-Elysées, une histoire française

Pour Marc-Antoine Jamet, président du Comité, cette anomalie doit être réparée, eu égard au prestige et à la valeur patrimoniale de ce lieu emblématique, que le monde entier nous envierait : « c’est nécessaire et essentiel. L’avenue des Champs-Elysées, c’est le Général de Gaulle la descendant en août 1944 à la Libération, auréolé de son statut de sauveur de la patrie ; ce sont les cyclistes du Tour de France la remontant lors de la dernière épreuve de chaque Tour de France depuis plus d’un siècle ; c’est le visage de Zinédine Zidane qui s’affiche sur la façade de l’Arc de Triomphe un fameux soir de juillet 1998 ; c’est Jean-Luc Godard qui y tourne l’une des plus célèbre scènes du cinéma français, avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg y traînant leurs guêtres dans A bout de Souffle… ». Si d’autres avenues ont également acquis leurs galons de prestige de par le monde, que ce soit la cinquième avenue de New York, l’avenue du 9 juillet à Buenos Aires ou encore Unter den Linden, à Berlin, aucune d’entre elles « ne peut se targuer de commencer par un Arc de Triomphe célébrant Napoléon et le Soldat inconnu et terminer par une obélisque à la gloire de Ramsès » affirme Marc-Antoine Jamet.

Pour revivifier l’avenue, un certain nombre d’écueils doivent être évités. « Il ne faut pas rater le virage écologique, numérique, technologique et économique, grands défis du 21ème siècle » alerte le président du Comité. « Et culturel » comme s’est empressé d’ajouter Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, à l’occasion de la conférence de presse de lancement. Approbation générale. Marc-Antoine Jamet salue la collaboration étroite menée avec la Mairie de Paris, visant à « réparer, relancer et rénover » l’avenue. C’est à l’été 2018 que l’aventure démarre, lorsqu’une mission de réflexion est confiée à l’agence PCA-Stream de Philippe Chiambaretta. « Cette mission a été financée par le Comité lui-même (qui rassemble 200 acteurs culturels, immobiliers, commerciaux et économiques), dont le budget est assuré, à hauteur de plusieurs millions d’euros, par des sponsors et des mécènes » reconnaît le président du Comité. Une exposition « Champs-Elysées, histoire et perspectives » est organisée au Pavillon de l’Arsenal (4ème) en février 2020 pour y présenter des axes de travail. Parallèlement, une consultation citoyenne menée sur Make.org en répondant à la question : « qu’aimeriez-vous changer pour réenchanter les Champs-Elysées » est lancée ; les résultats sont dévoilés en juin 2020, révélant que près de 100 000 Français y ont participé. « Il fut intéressant de constater que beaucoup de Franciliens et pas uniquement des Parisiens intra-muros ont donné leur avis, révélant leur enthousiasme et leur intérêt quant au futur de cette avenue hors du commun » argue Anne Hidalgo.

« Conserver le passé et inventer l’avenir »

La même Anne Hidalgo, fidèle à sa filiation politique, défend un héritage évolutif, à même de se conformer à ce qu’elle nomme le « grand défi de ce siècle », à savoir la lutte contre le réchauffement climatique. « Il faut conserver le passé, l’entretenir et le réparer. Mais il ne faut pas être les promoteurs de ce passé, mais plutôt inventer l’avenir, se moderniser » prophétise-t-elle. La transformation des Champs-Elysées se déroulera en deux temps, avec l’échéance des Jeux Olympiques 2024 séparant les deux. Avant 2024 (travaux réalisés entre le printemps 2022 et la fin 2023), il sera surtout question de procéder à des travaux d’embellissement, de végétalisation et de réparation de l’avenue, mais aussi des jardins qui la bordent. Sur la partie haute, les trottoirs seront rénovés et désencombrés, les bancs restaurés et les éléments de mobilier urbain vétustes ou inutiles supprimés. De plus, les allées intérieures seront piétonisées, 107 arbres vont être replantés et les 400 pieds d’arbres déjà plantés le long de l’avenue vont être revégétalisés. Anne Hidalgo souhaite également que l’anneau de la place de l’Etoile-Charles de Gaulle soit élargi afin d’offrir un meilleur confort de visite aux touristes.

Après les Jeux Olympiques, il est prévu qu’un vaste réaménagement ait lieu, intégrant les jardins des Champs-Elysées, l’avenue Montaigne et l’avenue de la Grande Armée, mais aussi les connexion à la Seine et les souterrains, tunnels et sous-sols. Une étude urbaine complète coordonnée par l’agence PCA-Stream vient d’être lancée dans le but de soumettre à la Ville des propositions d’ici 2024 (cette étude comportera un important volet de consultations des parties prenantes, parmi lesquelles les associations de quartiers, les grand acteurs institutionnels et les services de l’Etat en charge du patrimoine). Philippe Chiambaretta souhaite faire des Champs-Elysées « le miroir d’une ville plus responsable et désirable ». Parmi ses grands objectifs : « pacifier la place de la Concorde pour en faciliter la traversée ». « Nous constatons une sur-densité du Jardin des Tuileries et une sous-densité dans les jardins bordant l’avenue. Il faut faire en sorte que ces derniers gagnent de nouveau en attractivité, en les réaménageant et en y organisant des événements sportifs et culturels ». Il souhaite aussi lutter contre l’îlot de chaleur que ne manque pas de devenir la place de la Concorde en été, en intensifiant la trame arborée et en aménageant un « corridor écologique ». Enfin, les 23 terrasses seront repensées, sous l’égide de Rami Fischler, le designer en charge de cet aspect. En plus de l’harmonisation esthétique qui lui est demandée (superficie, volume, hauteur, couleur, profil, fonctionnalités…), le designer  souhaite que ces dernières soient à la fois écologiques dans leur façon de chauffer en hiver (fin des énergies fossiles) et conservent du frais en été, encore une fois grâce à la création d’îlots de fraîcheur induits par la végétalisation. « La responsabilité environnementale est au cœur de ce projet et Paris peut constituer un moteur en ce sens vis-à-vis des autres grandes capitales mondiales » conclut Anne Hidalgo.

Il est à noter que, postérieurement à la présentation du projet de transformation des Champs-Elysées, le 11 mai 2022, la Préfecture de Police a publié un tweet rappelant que la compétence en matière de réaménagement de cette avenue incombait à l’Etat et que, par conséquent, les propositions émises par la mairie de Paris seront examinées avec attention par ladite Préfecture, qui devra donner son aval avant tout déclenchement de travaux.

Anthony Denay

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

La « divine surprise » Olivier Klein

Tout le secteur de l’immobilier, et singulièrement du logement, avait (très !) mal vécu l’absence de portefeuille ministériel à lui dédié. Amélie de Montchalin avait eu beau affirmer, pour rattraper le coup, qu’elle était « bien sûr » ministre du Logement, personne n’avait été dupe ou rassuré par cette absence.

Même si quelques voix, ici même, dont celles de Philippe Pelletier, ont douté de l’intérêt profond de l’existence d’un ministre « spécialisé », la nomination d’Olivier Klein a fait l’effet d’une « divine surprise » pour des professionnels souvent inquiets, à juste titre d’ailleurs.
D’abord car c’est un élu qui connaît sur le bout des doigts les questions du secteur : président de l’Anru depuis 2017 et maire de Clichy-sous-Bois, les sujets « logement » ne lui sont pas étrangers. Ensuite, autre bon signe, car l’intitulé du ministère comprend également la Ville, comme un écho au portefeuille de Jean-Louis Borloo, toujours ô combien regretté par le secteur (son Trophée du Jury aux « Trophées Logements et Territoires », 2021, l’a bien rappelé).
Reste à scruter maintenant les relations que le nouveau ministre délégué entretiendra avec Christophe Bechu qui, un mois après son entrée au Gouvernement, est promu en devenant ministre de plein exercice chargé de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Mais il faudra aussi s’intéresser aux rapports du ministre délégué avec l’Elysée, Matignon et Bercy, les trois pôles du pouvoir, sans le soutien desquels un ministre, aussi compétent soit il, est bien démuni…

Portrait

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