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« N’immobilisez pas l’immobilier ! » : l’appel des dix réseaux immobiliers au Président de la République

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le 10 Nov 2020

L’Adresse, Century 21, Citya, Era, Foncia, Guy Hoquet, Laforêt, Nestenn, Nexity et Orpi : ces dix réseaux et groupes immobiliers signent ensemble une lettre ouverte au Président de la République Emmanuel Macron. Avec le mot d’ordre « N’immobilisez pas l’immobilier », les réseaux demandent, en dépit du confinement, un rétablissement du droit de visite pour permettre aux Français de concrétiser leurs projets immobiliers.

Vous pouvez retrouver le texte intégral de la lettre ouverte ci-dessous.

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Madame la ministre déléguée chargée du Logement,

La situation que traverse notre pays est aussi inédite que terrible. Nous, réseaux et groupes immobiliers, sommes solidaires des actions menées par le gouvernement pour lutter contre la pandémie et préserver nos concitoyens. Nous avons conscience de la difficulté qui est la vôtre de trouver l’équilibre entre mesures sanitaires efficaces et maintien de l’activité économique. Dans nos activités quotidiennes, nous avons fait preuve de responsabilité et mis en place les protocoles nécessaires pour garantir la sécurité de nos collaborateurs et de nos clients.

Pourtant, depuis l’annonce du nouveau confinement, nous sommes dans une grande incompréhension. Un particulier peut signer un mandat de vente, contracter un prêt immobilier auprès de sa banque, régulariser un acte chez son notaire et même déménager. En revanche, il lui est interdit de visiter un bien. Ce chaînon manquant bloque l’intégralité des ventes et des locations et plonge certains de nos compatriotes dans des situations de détresse et de grande fragilité.

Rappelons que l’immobilier est intimement lié aux parcours de vie : mariage, naissance, séparation, décès, mutation… Et ces événements se poursuivent, pandémie ou pas. Aujourd’hui, les Français qui veulent ou doivent impérativement changer de logement se retrouvent donc sans aucune solution. Et, pendant ce temps-là, dans le parc locatif public, de façon étonnante, les visites restent autorisées !

Certes, grâce aux outils numériques, nous pouvons réaliser des visites à distance. Mais cela permet tout au plus d’effectuer une présélection. Afin de se projeter dans un achat ou une location, la visite physique reste incontournable.

Sans accès à l’offre, donc, pas d’accès au logement ! Or, avoir un toit au-dessus de la tête est aussi vital que de se nourrir. Et que va-t-il se passer lorsque nous reprendrons les visites dans plusieurs semaines ? Les projets suspendus durant le confinement vont s’accumuler et entretenir la hausse des prix. Dans un contexte économique difficile, cela va plonger de nombreux Français dans des situations complexes.

Enfin, en tant que dirigeants de réseaux et de groupes immobiliers, nous sommes très inquiets pour nos agences et leurs collaborateurs. Nous parlons de 32 000 personnes réparties sur l’ensemble du territoire, au sein de 5 800 agences et cabinets dont la trésorerie a déjà beaucoup souffert cette année.

Le 28 octobre, vous avez annoncé que vous prendriez de nouvelles mesures à l’issue des quinze premiers jours du confinement selon l’évolution de la pandémie. Si celle-ci le permet, nous vous demandons de reconsidérer votre position concernant l’autorisation des visites par les professionnels de l’immobilier au regard de l’intérêt général et du droit au logement.

Conscients de l’enjeu sanitaire, nous sommes prêts à renforcer encore les protocoles mis en place pour éviter toute contamination : limiter le nombre de visites et de visiteurs, nettoyer les lieux à chaque passage, obliger nos collaborateurs à télécharger l’application Tousanticovid pour tracer leurs visites… Toutes les options sont sur la table.

Nous sommes à votre disposition pour échanger sur ces propositions et consigner par écrit nos engagements. Notre volonté est de pouvoir exercer un métier réellement utile aux Français dans les meilleures conditions sanitaires possibles.

Arthur de Boutiny

Journaliste Rédacteur

Édito
par Thierry Mouthiez

le 21/01/2021

La logistique, à la loupe…

« En 2020, l’immobilier logistique a démontré toute sa solidité » affirme René Jeannenot, le directeur du pôle activité et logistique de BNP Paribas Real Estate, mettant en avant dans l’interview que nous publions aujourd’hui, 3,5 millions de mètres carrés commercialisés sur l’ensemble du territoire national.

JLL, de son côté, dans une note sur ce segment du marché, qualifie de « remarquable » le niveau d’activité avec 2 926 000 m2 commercialisés sur le marché français de l’immobilier logistique de plus de 10 000 m2. Et ce conseil de souligner que « la baisse observée sur un an se limite à 7 %, avec un volume de demande placée supérieur de 10 % à la moyenne de long terme (2011-2019) ». Cependant, « dire que le marché a été épargné par la crise de la Covid-19 est une erreur. La crise a bel et bien été présente. Néanmoins, la capacité du marché locatif logistique à faire preuve de résilience et à s’adapter rapidement à cette situation inédite lui a permis d’afficher un résultat tout à fait honorable » fait valoir Jean-Marie Guillet, directeur logistique de JLL France, qui poursuit : « durant cette période, nous avons dû continuer à nous organiser, mais différemment, et nous adapter à cette nouvelle donne. Il n’est donc pas surprenant d’avoir vu des secteurs tels que l’alimentaire, le pharmaceutique et le e-commerce venir soutenir la demande cette année ». Et il ajoute : « le début d’année a mis en exergue l’importance de rapatrier les stocks et les productions sur le territoire, ce qui a logiquement eu pour conséquence d’entraîner de la demande supplémentaire ».

Logiquement, donc, de plus en plus d’investisseurs s’intéressent au secteur. Franck Poizat, directeur capital market logistique et industriel de BNP Paribas Real Estate Transaction France, parle même de 2020 comme de la « deuxième meilleure année de la décennie après l’exceptionnelle année 2019 » pour ce qui est du volume total investi. Des investisseurs qui regardent un type d’actifs qui « en dépit du ralentissement actuel du commerce international », « bénéficient de l’intensification structurelle des échanges de marchandises », un « phénomène qui tient aussi bien à la mondialisation qu’à la relocalisation » écrit le groupe Edmond de Rothschild dans une note sur le thème : « pourquoi s’intéresser à l’immobilier logistique ». Après avoir souligner « le développement spectaculaire du commerce électronique » qui « amplifie également le besoin d’espaces de stockage et d’infrastructures », le groupe Edmond de Rothschild estime que « cette classe d’actifs mérite d’autant plus d’attention que l’urbanisation ne cesse de transformer nos sociétés » et que, dans ce cadre, « la petite logistique tire son épingle du jeu », elle qui « répond aux exigences de rapidité de la clientèle ». Un segment avec « un surplus de rendement. Nous estimons l’écart à environ 150-200 points de base par rapport à la grande logistique moderne » selon Edmond de Rothschild REIM, en mettant en avant des taux d’occupation qui « avoisinent toujours les 100 % » ou encore le fait qu’« à l’approche des métropoles, la tendance structurelle est à l’augmentation des loyers et à l’appréciation des biens »…

Pour sa part, Invesco, dans une récente analyse des différentes classes d’actifs au niveau européen (« Invesco Real Estate House View »), confirme que « l’immobilier logistique continue de susciter un fort intérêt, alors que les chaînes d’approvisionnement se réorganisent afin de pouvoir répondre à l’évolution de la demande des consommateurs finaux ». En soulignant, également, que « dans toute l’Europe occidentale, la demande est supérieure à l’offre de sites pouvant accueillir des entrepôts, en particulier pour les actifs situés en périphérie des villes »… Et en concluant, pour cette classe d’actifs : « nous nous intéressons essentiellement aux actifs bénéficiant de valeurs foncières élevées, situés sur des emplacements stratégiques. Nous sommes également de plus en plus prudents face aux conceptions et aux aménagements réalisés sur-mesure, en raison d’interrogations quant au potentiel de relocation de tels actifs à terme »…

Autant dire que, désormais, l’immobilier logistique est observé à la loupe…

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