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NPAI pour le ministère du Logement…

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le 23 Mai 2022

De nombreux professionnels du secteur sont vent debout suite à l’annonce des membres du nouveau Gouvernement, égrené vendredi 19 mai sur le perron de l’Elysée, où le ministère du Logement est le grand absent du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Dire qu’il s’agit d’une réelle déception pour les acteurs de l’immobilier est une litote. La seule consolation, si tant est que cela en soit une, est la nomination d’Antoine Pellon au poste de secrétaire général à la Planification écologique qui assurera les fonctions de conseiller du cabinet de la Première ministre, en tant que chef de pôle Ecologie, Transport, Energie, Logement et Agriculture.

Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, à travers un tweet publié deux jours après la composition du Gouvernement, tient, cependant, à rassurer les professionnels : « ce nouveau grand ministère, qui réunit notamment les transports, le logement, la protection de la nature et de la biodiversité, ainsi que l’aménagement, va nous permettre de bâtir la France de demain. Nous mènerons en même temps la transition écologique et la cohésion des territoires ». Pas sûr que cela satisfasse et rassure les acteurs du public comme du privé…

Dès le nouveau Gouvernement connu, les réactions ne se sont pas faites attendre et la grogne des professionnels du secteur est clairement affichée. Ainsi, Emmanuelle Cosse, présidente de l’USH et ancienne ministre du Logement, qui, au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, appelait à faire du logement « une grande cause du quinquennat », a immédiatement réagi sur tweete : « la composition de ce premier Gouvernement, au-delà des autres commentaires, montre que le logement n’est pas pris en considération à la hauteur des enjeux sociaux et environnementaux qu’il porte. Le mouvement HLM reste, néanmoins, pleinement mobilisé »…
Pour la Fnaim, l’Unis et Plurience, « il est urgent de clarifier qui, au sein du nouveau Gouvernement, a la charge du logement, enjeu crucial et quotidien pour les Français, et de convoquer une conférence rassemblant tous les acteurs du logement, pour évoquer les défis du secteur. Il est à rappeler qu’au cours du mandat précédent, l’Etat a placé des contraintes fortes, à très court terme, sur le parc locatif, et donc sur les bailleurs : la rénovation énergétique. Mais les débats du moment démontrent qu’une politique du Logement ne se résume pas à la rénovation énergétique ».
Du côté de Procivis, Yannick Borde réclame « un véritable ministre du Logement après les législatives » et ajoute : « le logement pèse sur le pouvoir d’achat, première dépense des familles ». Pour le président, « la situation du logement, c’est des prix de plus en plus inabordables ; des coûts de construction qui explosent ; des taux d’intérêt en hausse ; un échec du choc de l’offre du premier quinquennat d’Emmanuel Macron ; un manque de logements croissant », et conclut ainsi : « on fait quoi ? »…
Pour Pascal Boulanger, président de la FPI,  « après avoir été le grand oublié de la campagne électorale, nous refuserons fermement que le logement soit l’oublié du quinquennat ! Il s’agit d’un bien essentiel pour chacun de nos concitoyens. L’ajustement qui interviendra à l’issue des législatives devra impérativement corriger cette position. Nul ne pourra nous faire le reproche de ne pas avoir suffisamment alerté sur le risque majeur d’une véritable et profonde crise du logement ».
De son côté, Christophe Robert, directeur général de la Fondation Abbé Pierre, dresse un « bilan très mitigé du précédent quinquennat » et regrette qu’il n’y ait « aucun ministre du Logement dans le nouveau gouvernement. La Fondation exprime son incompréhension alors que le logement représente le premier poste de dépenses des ménages et concerne tout le monde et tous les territoires ! ». Et d’ajouter quelques chiffres : « 4 millions de personnes mal logées, dont 300 000 sans domicile ; 12 millions de personnes fragilisées par rapport au logement… mais pas de ministère du Logement… ».

Les acteurs du privé ne sont pas en reste et Norbert Fanchon, président du directoire du Groupe Gambetta, souligne que « malgré les interpellations et en dépit des alertes, des tribunes, le Gouvernement a acté la disparition du secrétariat d’Etat au logement au profit de… rien ».
Quant à Guillaume Poitrinal, co-fondateur de Woodeum et WO2, président d’Imacap, il se félicite que « la France dispose d’un secrétariat d’Etat à la Mer ! Mais la disparition du ministère du Logement, malgré ses urgences sociales et environnementales, est source de grande interrogation ».
Le tout récent CEO de Stonal, Robin Rivaton, se dit « triste de ne pas voir de ministère du Logement. Nous avons essayé de faire sentir l’importance de ce sujet, au croisement des inégalités patrimoniales, de la démographie, de la mobilité, du vieillissement… La réponse est cinglante ».
Le président de l’UNPI, Christophe Demerson, regrette que « le logement soit le grand absent de ce Gouvernement ». Et d’ajouter : « nous attendions un ministère dédié. Le chantier est immense et les défis à relever sont majeurs. L’UNPI sera évidemment force de proposition ».
Et, Jacques Chanut, co-président du Groupe SMA, s’interroge : « pas de ministre du Logement ? Et si c’était le moment d’imaginer un ministère de l’Habitat, plus large que celui du seul logement, à la croisée de l’environnement, de l’énergie, de l’emploi, des territoires, de l’agriculture, pour porter une acceptabilité de zone à vivre avec ce qui est habité, équipé, partagé, sanctuarisé ».

Une liste de réactions qui n’est pas exhaustive, mais qui montre à quel point les professionnels du secteur ont été heurtés et qu’ils ont le sentiment (une fois de plus) de ne pas être entendus par l’exécutif.

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Pascal Bonnefille

le 16/03/2022

La « divine surprise » Olivier Klein

Tout le secteur de l’immobilier, et singulièrement du logement, avait (très !) mal vécu l’absence de portefeuille ministériel à lui dédié. Amélie de Montchalin avait eu beau affirmer, pour rattraper le coup, qu’elle était « bien sûr » ministre du Logement, personne n’avait été dupe ou rassuré par cette absence.

Même si quelques voix, ici même, dont celles de Philippe Pelletier, ont douté de l’intérêt profond de l’existence d’un ministre « spécialisé », la nomination d’Olivier Klein a fait l’effet d’une « divine surprise » pour des professionnels souvent inquiets, à juste titre d’ailleurs.
D’abord car c’est un élu qui connaît sur le bout des doigts les questions du secteur : président de l’Anru depuis 2017 et maire de Clichy-sous-Bois, les sujets « logement » ne lui sont pas étrangers. Ensuite, autre bon signe, car l’intitulé du ministère comprend également la Ville, comme un écho au portefeuille de Jean-Louis Borloo, toujours ô combien regretté par le secteur (son Trophée du Jury aux « Trophées Logements et Territoires », 2021, l’a bien rappelé).
Reste à scruter maintenant les relations que le nouveau ministre délégué entretiendra avec Christophe Bechu qui, un mois après son entrée au Gouvernement, est promu en devenant ministre de plein exercice chargé de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Mais il faudra aussi s’intéresser aux rapports du ministre délégué avec l’Elysée, Matignon et Bercy, les trois pôles du pouvoir, sans le soutien desquels un ministre, aussi compétent soit il, est bien démuni…

Portrait

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