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Sébastien Lorrain (CBRE) : « il y a une autoroute pour une offre locative institutionnelle »

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le 11 Mai 2020

Selon Sébastien Lorrrain, directeur résidentiel de CBRE France, si l’activité sur le marché du logement, et notamment sur celui du logement neuf, tourne au ralenti depuis le début du confinement, la sortie de crise pourrait offrir une nouvelle place à l’investissement institutionnel.

L’insuffisance de la production de logements neufs pourrait, d’abord, augmenter la pression sur la demande et bénéficier par ricochet au marché de l’ancien. « L’activité sur le marché du logement ancien devrait être soutenue par la sous-offre structurelle de logements neufs dans les zones tendues. Nous n’avons pas assez construit ces dernières années et le retard accumulé actuellement ne fera que renforcer la pression de la demande. La sortie de crise devrait, à terme, être favorable aux promoteurs ayant su préserver une offre foncière de qualité et garder une capacité de production intacte » considère-t-il.

Des opportunités d’investissement nombreuses

Dans le contexte actuel, l’activité ne semble guère faiblir, selon le conseil, avec des promesses de ventes négociées « à des niveaux de prix élevés » avant le 16 mars et signées depuis. « Les opportunités d’investissement sont nombreuses ! Avec seulement 3 % du parc immobilier français détenu par des investisseurs institutionnels (quand ce ratio était de 25 % au début des années 1990), il y a donc une autoroute pour une offre locative institutionnelle, notamment quand on compare l’état de notre marché avec des exemples internationaux plus matures » soutient Sébastien Lorrain.

Une nouvelle place pour les investisseurs institutionnels

La crise sanitaire et ses conséquences économiques pourraient donc signer le retour plus important encore (2019 fut une très bonne année en la matière) des investisseurs institutionnels dans le monde du logement. « Il y a donc une vraie place à prendre sur un marché français encore vierge de toute offre locative privée institutionnelle. Et la période actuelle pourrait bien en être le déclencheur avec le développement d’une offre de logement locatif privé de standing, plus proche des standards internationaux. La crise actuelle montre bien le besoin crucial de proposer à la catégorie de population la plus fragile à la fois des logements adaptés, mais aussi et surtout une gestion proche de l’humain. Les opérateurs ayant su ainsi mobiliser leurs équipes, apporter services et proximité à leur résidents sortiront certainement grandis de cette crise » conclut Sébastien Lorrain.

Catherine Bocquet

Rédactrice en chef

Édito
par Thierry Mouthiez

le 24/01/2022

Commerce : les raisons d’y croire…

Dans sa récente étude sur « les marchés immobiliers français : bilan et perspectives », Knight Frank relève, entre autre, les raisons pour lesquelles « il faut croire en l’avenir du commerce physique ». Le conseil souligne, d’abord, que « la consommation a remarquablement résisté à la crise sanitaire ». Ainsi, « après avoir chuté de 7,2 % sur un an en 2020, la consommation des ménages a rebondi de plus de 4 % en 2021, sur fond d’accélération de l’activité économique et de nette progression du pouvoir d’achat », sachant que « les ventes en ligne ne sont pas les seules à avoir bénéficié de cette embellie »…

Parmi les autres raisons figure, notamment, le fait que « la grande majorité des enseignes placées en redressement ont été reprises ». Les procédures de redressement « ont été moins nombreuses en 2021, avec 15 enseignes placées en redressement, contre une trentaine en 2020. En outre, la grande majorité des enseignes concernées depuis 2020 par une procédure ont déjà été reprises (62 % du nombre total) ». Ou encore que « la France a attiré plus de nouvelles enseignes étrangères », un « bon indicateur de l’attractivité du marché français » puisque « le nombre d’enseignes étrangères ouvrant un premier magasin dans l’Hexagone est reparti à la hausse en 2021. Ainsi, 38 arrivées ont été recensées l’an passé, soit cinq de plus qu’en 2020 ». Sans compter que le marché bénéficie « aussi de la demande d’autres secteurs en plein essor (seconde main, mobilités douces…) et du développement de secteurs moins récents, mais également dynamiques (restauration rapide, cabinets médicaux…). Du coup, et en ajoutant «la baisse parfois conséquente des loyers », logiquement, « les taux de vacance ont commencé à diminuer sur certains axes « prime » parisiens ». Antoine Salmon, directeur du département commerces locatif de Knight Frank, note que « la baisse concerne des rues dont les difficultés remontaient à plusieurs années, comme la rue de Rennes, dont le taux de vacance est passé de 10 % à la fin 2020 à moins de 8 % un an plus tard, ou la rue de Rivoli, où celui-ci est désormais inférieur à 9 %, contre près de 13 % fin 2020 »…

Autre raison d’y croire : « la baisse des nouveaux développements limite la pression sur les sites existants ». Le conseil précise, ainsi, qu’« en 2020, le volume des inaugurations de mètres carrés de centres commerciaux avait diminué de 16 % sur un an et celui des retail parks de 54 %, illustrant les difficultés de commercialisation de certains projets et les retards occasionnés par les périodes de confinement. La tendance baissière s’est confirmée l’an passé pour les centres commerciaux ». Antoine Grignon, co-directeur du département investissement, fait valoir que « moins de 100 000 m² de centres commerciaux ont été inaugurés en France l’an passé, contre 130 000 m² en 2020 et 330 000 m² en 2016 ». Quant au retail parks, selon la société, « en 2021, le volume des ouvertures a progressé de 39 % en un an grâce aux livraisons initialement attendues en 2020. Toutefois, la baisse est de 28 % par rapport à la moyenne des cinq années précédant la crise sanitaire ». Une nouvelle plutôt positive pour les foncières spécialisées en Bourse toujours autant pénalisées…

Bref, comme les bureaux, les commerces physiques semblent avoir encore de beaux jours devant eux, même s’ils doivent, eux également, s’adapter à un environnement en profonde mutation…

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