Chargement

fredday : bool(true)
retour Accueil > Logement > Points de vue > Bernard Devert (Habitat et Humanisme) :...

Bernard Devert (Habitat et Humanisme) : habiter…

Points de vueLogement

le 10 Fév 2021

« L’errance est un malheur. Sans toit, comment être soi. Habiter, ce n’est pas seulement avoir un logement, mais disposer d’un lien permettant d’avoir un lieu pour exister, prendre racine, demeurer » : voici le thème de la nouvelle Tribune de Bernard Devert, président d’Habitat et Humanisme.

Ne parle-t-on pas de la maison comme d’un refuge, un havre de paix et de tendresse ? Le « chez soi » relie les deux pôles de la vie sociale : seul et avec les autres. Il n’y a pas de communauté sans vivre-ensemble, mais elle n’est authentiquement humaine que si la solitude de la personne est reconnue et respectée.

La maison, lieu d’un partage, où l’on reçoit et où on se reçoit, est fondamentalement une hospitalité.

Emmanuel Lévinas associe le véritable humanisme à l’hospitalité. Il l’entend comme une spiritualité exigeante. Quelle exigence, ne pas laisser le prochain à sa solitude, à sa mort.

Le Corbusier dénonçait ces « machines à habiter » – l’expression est de lui – évoquant ces espaces constructifs qui ne sont que des « remplissages », tels ces quartiers sans âme d’où l’on tente de partir. Y demeurer se révèle risqué. Quels dangers ? La misère, l’exclusion, la paupérisation, autant de tragiques fertilités pour ceux-là mêmes qui exploitent le désespoir.

La maison est aussi appelée la demeure, évoquant la pérennité. Dans le vieux français, « rester » voulait dire demeurer, au sens d’habiter.

Ce qui demeure, c’est ce qui permet de nous maintenir et par là-même de tenir. Nous pressentons combien l’acte d’habiter introduit la sérénité sans laquelle l’avenir est chahuté, sauf à le penser dans un entre soi.

L’hospitalité est une attention vigilante à l’autre soi.

Le bonheur d’habiter ne peut être une assignation à l’indifférence. Il est un appel à ce que chaque être, parce qu’il est une source et non point une « mare », ait la chance de ne pas s’entendre étiqueter comme un « zonard » pour n’avoir d’autre choix que la rudesse des quartiers de relégation au sein desquels les déterminismes aggravent les nécroses de la vie sociale.

Quelle liberté quand il y a cette impossibilité de faire le choix du lieu où l’on souhaiterait habiter ? Quelle égalité quand les lieux de vie sont si discriminants que ceux qui les subissent gardent le silence à la question « où habites-tu ? » ou quand leurs CV concourent à ce décrochage social au motif d’être domiciliés dans ces espaces sans avenir et sans âme ?

Nous éprouvons combien les valeurs républicaines sont en danger pour emmurer la fraternité.

L’acte d’habiter conjugue la recherche d’une intimité et d’une universalité (seul et ensemble). Se propose alors à nos consciences cette hospitalité exigeante qui n’est pas sans créer des transformations qui ouvrent précisément les relations.

L’hospitalité est là où on se réunit, là où on s’unit, là où les amis trouvent place. Ensemble, construisons-la pour que l’acte d’habiter soit mieux partagé ; l’avenir de ceux en errance, sans toit, sans liens, en dépend.

Bernard Devert
Février 2021

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 01/03/2021

La France, championne du « sale and lease back »…

« Les transactions de type « and lease back » en Europe ont atteint un total de 8,4 milliards d’euros en 2020, en augmentation de 8,5 % par rapport à la moyenne quinquennale » relève Savills dans une analyse sur ce type d’opération.

Le conseil explique que « malgré un volume de transactions inférieur de 10 % l’année dernière en comparaison avec 2019, une corrélation historique et significative s’observe entre les prix de l’immobilier et l’activité « sale and lease back » : lorsque les rendements baissent, le nombre de transactions augmente. La période actuelle est donc favorable à ces opérations. La hausse des prix incite les propriétaires-occupants à vendre leurs biens, alors même que les opportunités d’investissement sont rares sur le marché »…

Dans ce contexte, « la France arrive en tête quant aux « sales and lease back » en Europe, grâce à un certain nombre de transactions de grande envergure » comme le note Savills, qui précise que « l’activité a été principalement soutenue dans l’Hexagone par la vente stratégique de bureaux, notamment celle du projet « Harmony », futur siège d’ENGIE à La Garenne-Colombes ». L’Allemagne arrive en deuxième position, suivie par les Pays-Bas, puis le Royaume-Uni…

Et la tendance « devrait se poursuivre en 2021 ». Ainsi, Oli Fraser Looen, « joint head of regional investment advisory, EMEA » chez Savills, d’estimer que « le besoin grandissant des entreprises de trouver des liquidités pour renflouer leurs bilans ou effectuer des acquisitions dans l’environnement actuel et celui de l’après-covid permettra aux transactions de « sales and lease back » de gagner en popularité tout au long de l’année 2021. Nous pensons assister à un nombre record de transactions de « sales and lease back » initiées par des entreprises au deuxième semestre 2021. Ces ventes seront accueillies par le bloc grandissant de détenteurs de capitaux en quête d’actifs de long terme permettant de compenser leur passif »…

Donc, plutôt une bonne nouvelle pour les investisseurs. Quant à savoir si la France restera en tête…

Portrait

Chargement

Page 0 /

Vis à vis

Zoom 1

Vous devez être connecté pour télécharger le magazine