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Bernard Devert (Habitat et Humanisme) : « La fraternité, une promesse à construire »

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le 13 Juil 2021

« Levons-nous, risquons la fraternité, l’âme de la solidarité » nous dit Bernard Devert. Une mission qu’il mène depuis longtemps. Des mots aussi qui résonnent forts pour le tout nouveau président du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées et le suivi du droit au logement opposable (HCLPD).

La société se racialise, observe le Chef de l’Etat non sans pertinence et, sans doute, inquiétude. Un mal qui s’ajoute aux nombreuses déchirures du tissu social, consécutives à trop d’iniquités, cause d’un communautarisme déjà bien installé dans notre France, Pays des droits de l’Homme.

La triste victoire de l’abstention de ces dernières élections traduit un repli sur soi, un entre-soi qui n’est pas sans affecter la dynamique du vivre-ensemble, sans doute une utopie, au sens où Victor Hugo, le prophète des pauvres, dit qu’elle est « la vérité de demain ». En aucune façon elle ne saurait être une chimère.

Cette utopie il nous faut, ici et maintenant, la construire résolument afin de ne point abandonner les valeurs essentielles, existentielles de notre civilisation fondatrices de notre société. Leur socle est un fabuleux héritage permettant de prendre des risques pour ne point laisser les guetteurs du néant s’emparer de ces espaces mettant en deuil la fraternité.

Saint-Exupéry dit qu’une démocratie qui n’est pas une fraternité est une imposture. Les valeurs républicaines ne sauraient être l’expression d’un affichage. Il s’agit de les faire vivre pour qu’elles fassent vibrer des relations nouvelles où la part du rêve et de la promesse d’un autrement trouve pleinement sa place.

D’aucuns n’y croient pas ou plus, c’est ainsi que sur les murs de nos villes apparaissent des mots défaitistes et même délétères : le monde appartiendrait à ceux qui se couchent.

L’heure est vraiment de se lever pour ne point déserter l’idéal qui, seul, rassemble. La fraternité est non seulement de cet ordre, mais relève de ce devoir d’urgence pour reprendre les mots de Charles Péguy. Oui, ne laissons pas les idées funestes nous envahir par ces thuriféraires du vide ; ils tentent d’assaillir nos fondations culturelles pour les livrer aux forces de l’ombre.

Heureusement, la fraternité est l’Esprit qui vit, veille, réveille ce qui doit l’être, pour faire surgir des inattendus et même des inespérés sans lesquels il n’y a pas d’émerveillement, la grâce des grâces, cet oxygène dont le monde a besoin ; n’est-ce pas cela la fraternité ?

N’attendons pas qu’il soit trop tard, il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci, rappelle Paul Eluard. Oui, levons-nous, risquons la fraternité, l’âme de la solidarité.

Le refus signe la faiblesse de la pensée. Leurs auteurs la cachent par la violence, les outrages, incapables d’entrevoir la fragilité comme capacité à créer des conditions d’une hospitalité, en d’autres termes une fraternité.

L’histoire nous rappelle que trop de drames se sont déroulés et se perpétuent encore dans un silence mortifère pour ne pas vouloir être dérangés, préférant à la liberté le petit bonheur qui ne construit que du préfabriqué, du prêt à penser.

L’homme ne le devient vraiment que s’il s’investit dans un acte créateur, par le même libérateur, pour mettre en œuvre concrètement une égale dignité entre tous. Alors, la fraternité ne sera pas seulement un vague point de mire, mais cette lumière diaphane d’un humanisme portant en son essence le sens profond de la vie.

Bernard Devert – Juillet 2021

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 25/10/2021

Commerces : un vent plus favorable…

« Après 18 mois d’activité massivement perturbée, les centres commerciaux commencent à entrevoir une normalisation de leur environnement sur fond d’amélioration de la situation sanitaire et économique » souligne Vincent Ravat, directeur général de Mercialys, lors de la publication de l’activité de la foncière à fin septembre.

Et de faire valoir que « la fréquentation des centres commerciaux de Mercialys s’établit, en cumul sur le 3ème trimestre 2021, à 91,7 % de la même période en 2020 et 83,6 % de celle normalisée de 2019 » ; que « la dynamique des loyers facturés à fin septembre est encourageante » ; que « les actions de commercialisation menées depuis le début de l’année permettent d’ores et déjà de constater à fin septembre une nette réduction du taux de vacance financière courante » ou encore que « l’amélioration tendancielle de l’activité économique supporte cette dynamique positive », Mercialys « confirmant, par ailleurs, constater un renouveau d’intérêt pour le développement en France de la part des enseignes »… 

De son côté, Klépierre, « leader européen des centres commerciaux », précise, parmi les principaux faits marquants de son activité au cours des neuf premiers mois de l’année, un « objectif 2021 de cash-flow net courant relevé ». Et ce, grâce à « une bonne réouverture des centres commerciaux ». La foncière met en avant le « fort rebond du chiffre d’affaires des commerçants au troisième trimestre » ou encore une « activité locative soutenue ». Autres facteurs qui expliquent le relèvement des objectifs, « un recouvrement des loyers proche des niveaux d’avant pandémie », une « amélioration du recouvrement des loyers de 2020 et du premier semestre 2021 au-delà des prévisions » ou encore des « revenus locatifs nets des centres commerciaux du 3ème trimestre en hausse de 11,1 % sur un an ».

Ajoutons la récente décision de la Commission Européenne qui, la semaine dernière, a donné son feu vert à la France, qui avait promis de payer les loyers impayés des magasins des centres commerciaux de plus de 20 000 m2. Une enveloppe de 700 millions d’euros est attendue pour payer les loyers, entre février et mai, de plusieurs milliers de magasins… 

Autre information positive à l’heure où l’ISR est devenu incontournable : à l’occasion du Siec (Salon du retail & de l’immobilier commercial) qui s’est tenu les 20 et 21 octobre à la Porte de Versailles, le CNCC (Conseil National des Centres Commerciaux), son organisateur, a présenté les résultats d’une étude réalisée par EY « évaluant l’impact environnemental et sociétal de la vente de produits non-alimentaires selon leurs différents circuits d’achat ». Résultat : « en consommant 10 fois moins d’emballages carton et en ayant un impact positif de 4,2 (pollution des milieux) à 10 fois (utilisation des sols) supérieur s’agissant de la protection de la biodiversité (rejet, occupation des sols…), l’achat en centre commercial se révèle plus vertueux » affirme le CNCC, qui précise que ce constat « s’explique par le fait qu’à la différence du commerce physique, l’achat en ligne implique une plus forte consommation d’emballages (et moins de valorisation des déchets) et de nombreux circuits logistiques »…

Sans compter la montée de Xavier Niel, via des sociétés qu’il contrôle, dans le capital d’Unibail-Rodamco-Westfield, le patron d’Iliad détenant, en effet, désormais, 23,24 % du capital du leader mondial des centres commerciaux. Au-delà du soutien qu’il apporte à la foncière et à la nouvelle stratégie mise en place, on peut aussi voir dans cette opération une certaine confiance dans le secteur. 

Autant d’informations qui ne devraient pas manquer de relancer l’intérêt pour ce créneau de marché particulier et, plus généralement, pour celui des commerces. En tous cas, Pierre Rochard en semble convaincu. « Bien que les montants investis en commerce en France affichent un net recul, notamment pour le secteur des portefeuilles qui signe une baisse de 82 % au 1er semestre 2021, cette tendance reste à nuancer avec une lecture plus fine des différentes problématiques que connait le commerce » fait valoir le directeur associé commerce d’Arthur Loyd Investissement. Ainsi, « le nombre de produits à la vente, tant en unitaire qu’en portefeuille, a nettement diminué depuis janvier. D’une part, il était nécessaire d’assainir les relations entre bailleurs et locataires, de trouver des accords sur les loyers impayés et, ainsi, de pérenniser la valeur des actifs. D’autre part, de nombreux investisseurs ont redoublé de prudence face à l’absence de jurisprudence concernant le jugement de différents litiges entre bailleurs et locataires. Enfin, les décrets d’application quant aux aides gouvernementales ont mis du temps à être publiés. Tous ces éléments ont donc entrainé un décalage des arbitrages plutôt qu’un arrêt, faisant ressortir des chiffres bien moroses au 1er semestre 2021 avec moins d’1 milliard d’euros investis en commerce. Et même si le 3ème trimestre a été plus dynamique, cette classe d’actifs continue de pâtir de la crise du Covid-19 ». Cependant, pour le conseil, « nul doute que 2022 sera plus intense : entre le rattrapage des arbitrages, des valeurs locatives plus en adéquation avec le « business model » des locataires et des taux de rendement bien plus attractifs que pour d’autres classes d’actifs, l’investissement en commerce devrait retrouver des couleurs d’ici peu ! »…

Portrait

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