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Bernard Devert (Habitat et Humanisme) : le mal-logement, une violence faite aux pauvres

Points de vueLogement

le 16 Fév 2021

Le président d’Habitat et Humanisme, Bernard Devert, lance un véritable plaidoyer pour que ceux qui sont aujourd’hui dans des abris, ne soient pas rejetés à la rue demain. Ce sujet du mal-logement, hélas toujours plus dramatique, fera l’objet d’autres points de vue à lire sur Immoweek. Bernard Devert entend mobiliser les acteurs du logement et nous lui ouvrons volontiers nos colonnes pour lui permettre de se faire entendre.

Le langage parle d’un malheur, le mal-logement ; n’esquive-t-il pas facilement la violence que vivent des familles ou personnes isolées, confrontées à l’absence, à l’indécence du logement. Il est aussi de ces loyers qui, en rupture avec les ressources, suscitent des conditions de vie chaotiques.

La grande pauvreté est l’adversaire de l’accès au logement très social se révélant, pour les plus fragiles, un « boulevard » vers les quartiers perdus pour la République. Que de personnes n’ont d’autres choix que d’accepter des lieux qui marginalisent et ghettoïsent.

Les banlieues, quand elles sont ce lieu du ban, confèrent à ceux qui les rejoignent le statut de lointains. E-loignés, leurs habitants se pensent comme abandonnés par la Société, éprouvés par des plaies ouvertes qui fracturent la République dans son rapport aux plus faibles, alors qu’elle est une et indivisible.

Les murailles se sont installées avec des tours. Nous n’avons pas su prendre garde aux risques que faisaient courir ces constructions répétitives où les laissés pour compte sont rassemblés et entassés.

A l’ennui, né d’un chômage massif et d’un avenir manquant singulièrement d’espace, s’est ajoutée la laideur d’une « architecture-barrière » bâtie sur une idéologie, si sûre d’elle-même qu’elle a oublié qu’il n’y a d’humanité que là où l’hospitalité introduit un rapport à l’autre, notamment aux plus faibles.

Inutile d’appeler à la barre les auteurs de ces non-lieux qui ont fané l’espoir. Les jugements sont ceux de ces séparations consommées que des esprits vils et cupides se sont empressés d’exploiter au préjudice avéré de l’équilibre de la Société.

Il est tard, certes, mais ce ne saurait être l’alibi de différer plus encore l’ouverture d’un grand chantier ayant comme finalité première de se rapprocher de ceux que l’on a éloignés. La même citoyenneté n’est-elle pas la proximité fondatrice du bien commun. La fraternité ne pourrait-elle pas en être la source.

Il faut s’en approcher, d’où une politique de l’aménagement qui doit introduire des signes concrets d’un ménagement de ceux que la vie bouscule quand elle ne les dévaste pas. Ce chantier ne surgira pas par enchantement, mais à partir d’une décision de faire cesser la violence de ces iniquités et de ces éloignements qui mettent à mal la Nation.

Impensable, ou encore folie que d’imaginer ce chantier tant il est considérable. Folie plus encore que de s’inscrire dans un fatalisme qui, à coup sûr, sera le fossoyeur de l’intérêt général. A trop le gommer, la démocratie s’abime et les valeurs de notre civilisation s’érodent.

Edgar Morin écrit très justement : « je n’ai vécu que dans l’inattendu et l’habitude des crises. En ce sens, je vis une nouvelle crise, énorme, qui en a toutes les caractéristiques… D’un côté, elles suscitent l’imagination créative et de l’autre côté, des peurs et des régressions mentales. Il nous faut apprendre à vivre », ajoute-t-il, « avec l’incertitude, c’est-à-dire avoir le courage d’affronter, d’être prêts à résister aux forces négatives ».

Le Petit Prince peut nous aider : « je cherche les hommes ». « Que signifie apprivoiser ? ». C’est une chose trop oubliée. Ça signifie, créer des liens.

Ces liens percent les murailles, font tomber les indifférences. C’est là que se jouent vraiment les « jours de l’après » ; ils surgiront si nous avons le courage de donner le primat à l’intelligence du cœur.

Cette perspective, quelles que soient nos sensibilités, nos philosophies, il faut la rendre possible. Nous l’évoquerons dans nos prochaines chroniques…

Bernard Devert
Février 2021

Valérie Garnier

Directrice de la rédaction

Édito
par Thierry Mouthiez

le 01/03/2021

La France, championne du « sale and lease back »…

« Les transactions de type « and lease back » en Europe ont atteint un total de 8,4 milliards d’euros en 2020, en augmentation de 8,5 % par rapport à la moyenne quinquennale » relève Savills dans une analyse sur ce type d’opération.

Le conseil explique que « malgré un volume de transactions inférieur de 10 % l’année dernière en comparaison avec 2019, une corrélation historique et significative s’observe entre les prix de l’immobilier et l’activité « sale and lease back » : lorsque les rendements baissent, le nombre de transactions augmente. La période actuelle est donc favorable à ces opérations. La hausse des prix incite les propriétaires-occupants à vendre leurs biens, alors même que les opportunités d’investissement sont rares sur le marché »…

Dans ce contexte, « la France arrive en tête quant aux « sales and lease back » en Europe, grâce à un certain nombre de transactions de grande envergure » comme le note Savills, qui précise que « l’activité a été principalement soutenue dans l’Hexagone par la vente stratégique de bureaux, notamment celle du projet « Harmony », futur siège d’ENGIE à La Garenne-Colombes ». L’Allemagne arrive en deuxième position, suivie par les Pays-Bas, puis le Royaume-Uni…

Et la tendance « devrait se poursuivre en 2021 ». Ainsi, Oli Fraser Looen, « joint head of regional investment advisory, EMEA » chez Savills, d’estimer que « le besoin grandissant des entreprises de trouver des liquidités pour renflouer leurs bilans ou effectuer des acquisitions dans l’environnement actuel et celui de l’après-covid permettra aux transactions de « sales and lease back » de gagner en popularité tout au long de l’année 2021. Nous pensons assister à un nombre record de transactions de « sales and lease back » initiées par des entreprises au deuxième semestre 2021. Ces ventes seront accueillies par le bloc grandissant de détenteurs de capitaux en quête d’actifs de long terme permettant de compenser leur passif »…

Donc, plutôt une bonne nouvelle pour les investisseurs. Quant à savoir si la France restera en tête…

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