Logement

"Offrons à la fraternité une chance" par Bernard Devert

17 Juin 2026 - 09h26

« Le Collectif des Morts de la Rue souligne dans son dernier rapport qu’en 2025, 929 personnes sont mortes dans la rue pour n’avoir d’autres lieux de vie que des trottoirs, des cages d’escaliers ou encore des parkings ». Voici l’entrée en matière du dernier point de vue de Bernard Devert, président fondateur d’Habitat et Humanisme…

Aucune des régions de France n’est épargnée par ce drame qui pourrait être facilement évité s’il y avait un peu plus de vigilance à l’égard de la grande précarité. Les causes sont multiples, sociales, psychiques, ou encore l’isolement qui progressivement suscite de telles ruptures, qu’il conduit à des abîmes, la rue.

Chaque jour, quasiment trois personnes en France s’éteignent sur un trottoir et ce, à tous les âges y compris des enfants : quatre de ces 929 morts de la rue avaient moins de 4 ans, dont un bébé de 4 mois. La personne la plus âgée avait 78 ans.

Ce n’est pourtant pas faute de crier et d’implorer sur tous les tons et sur tous les toits, l’urgence de trouver des réponses ; elles existent, eu égard au nombre considérable de logements inoccupés. Demeure que ce passage si nécessaire de la fermeture à l’ouverture des portes est paralysé par je ne sais quelles peurs. Or, Habitat et Humanisme met en place des propositions qui devraient rassurer les propriétaires, jusqu’à prendre en charge les travaux de réhabilitation quant à la mise aux normes de ces logements, dès lors que les bailleurs consentent ensuite à un loyer social, qui plus est se révèle attractif sur le plan fiscal.

La tentation est de mettre la responsabilité sur l’Etat, elle en a une, mais aussi comme concitoyens, nous avons la nôtre.

J’ose réitérer, mais on me le pardonnera, la situation de cette maman enceinte d’un septième enfant qui va naître au mois d’août. A date, aucun logement n’est trouvé dans la Région parisienne, là où elle est investie comme soignante, ses enfants sont scolarisés dans le 15ème arrondissement de Paris.

Cette personne raisonnable sait bien qu’elle ne trouvera pas un appartement dans la Capitale, mais il devrait être possible, sans trop l’éloigner de son travail, de parvenir à ce qu’elle quitte la rue, ou plus exactement sa voiture !

Puisse mon SOS ne pas rester sans réponse.

Ces drames sont liés à une certaine indifférence. On ne sait plus voir. Habités par nos préoccupations, notre moi ne prend plus le temps d’écouter et de comprendre l’autre.

Je fais un rêve. S’il se réalisait, nous quitterions ce cauchemar social évoqué. Quel rêve, de trouver 100 000 justes qui consentiraient non pas à donner, mais à investir – je dis bien investir ‑ dans notre foncière solidaire au moins 1 000 euros.

Comme notre foncière dispose d’une délégation de Service public via la signature du mandat de Service d’Intérêt Economique Général, cet investissement fait l’objet d’un avantage fiscal de 25 %, dûment sécurisé par la loi de Finances.

Cette approche réaliste, très concrète, change la donne.

Ceux qui ne peuvent pas investir ne sont pourtant pas les absents de cette grande cause pour, à leur tour, donner du temps pour accompagner les personnes qui trouveraient ainsi un toit.

Oui, ensemble levons-nous, ouvrons des chantiers de l’espoir pour ne point accepter l’inacceptable. N’hésitez pas à m’appeler sur le 06 73 68 28 58.

Regardons l’avenir. Interrogeons-nous sur ce que nous devons entreprendre pour que ceux qui n’ont plus d’espérance puissent reconnaître que des mains se tendent pour des lendemains plus humains.

Bernard Devert

Valérie Garnier